Renault et les USA, je t’aime moi non plus.

Le vieux fantasme des constructeurs européens est celui de conquérir les marchés américains. Si VW a réussi à imposer son scarabée pourtant originaire de l’Allemagne nazie, Renault a eu moins de chance.

Pourtant une première tentative avait été menée à la fin des années 50, avec la 4CV modestement, puis plus sérieusement avec la Dauphine so Frenchy., dont certaines exécutions motorisées électriquement par Hennesy et baptisée opportunément Kilowatts furent l’ancêtre méconnu de la Zoé.

 

Cette première collaboration donnera aussi naissance à la Rambler modèle américain commercialisé par le réseau Renault (dont la fabrication sur le vieux continent fut confiée à l’usine belge de Forest aujourd’hui disparue).

 Cette tentative maladroite de faire oublier le flop de la Frégate ne convaincra jamais la clientèle française, lui préférant le charme plus authentique des Simca Versailles, Régence, Présidence et Ariane pisciacaises.

Dans les années 80, c’est Bernard Hanon qui est aux commandes de la Régie, il croit à la réussite aux USA. D’ailleurs il acceptera le projet ambitieux, du président de Matra, Philippe Guédon : l’Espace qui est l’interprétation européenne du van américain. Les cadres de PSA qui ont refusé à l’époque la proposition de Matra s’en sont mordu les doigts pendant près de 20 ans, avant que le SUV ne supplante le monospace autre avatar américain.

Mais revenons au début des années 80, là encore Renault entre par la petite porte en proposant aux américains sa R5 « le car » so frenchy. Dans la foulée, on distribue aussi la R18 notamment en Station Wagon (appellation des breaks aux USA).

La véritable implantation de Renault aux USA passera par une « Alliance » avec AMC constructeur américain aux modèles disons… différents (Souvenez vous des Gremlins et Pacer) mais aussi inventeur du SUV sous toutes ses formes avec les AMX.

De cette Alliance sortira un modèle baptisé du même nom basée sur le duo R9 R11 bien connu chez nous. Mais deux modèles exclusivement destinés au marché américains naîtront sur les chaînes de fabrication US : Le convertible et le coupé.

Le coupé Alliance reprends grosso modo les traits de la R11 trois portes mais dans une exécution trois volumes, le convertible en revanche est entièrement original.

Il constitue un élégant cabriolet 4 places, dont la ligne est il est vrai plus harmonieuse capote ouverte que fermée. Il proposera surtout un équipement que les modestes propriétaires de R9 ne connaîtront jamais en Europe. Ajouté à des intérieurs colorés à l’américaine, vous obtenez une décapotable réussie et somme toute plus équilibrée que la R19 qui lui suivra. Malheureusement elle n’aura jamais l’honneur d’être régulièrement commercialisée, la faute à des orientations commerciales trop frileuses coutumières des constructeurs français.

L’aventure du partenariat AMC/RENAULT ne s’arrêtera pas là. Il permettra la diffusion en France de la Jeep CJ7, mais aussi et surtout de la Cherokee avec un succès certain et ce malgré leur remotorisation avec des blocs diesels de Renault 18 plus conformes aux habitudes de consommation de carburant de l’hexagone.

 

Les USA auront droit également à la Medallion, version américanisée de la R21, qui offrira d’ailleurs une inspiration toute trouvée pour le facelift de la phase II de la limousine moyenne supérieure française. Production 1987-1988 à l’usine de Maubeuge.

Enfin une inédite Eagle premier permettra de transposer dans une version tricorps plus conforme aux standards US, une émanation de notre R25 nationale.
Malheureusement comme pour les autres aventures des constructeurs français aux USA, l’affaire tournera court au début des années 90.

Le Rendez-Vous de la Reine remercie Paul GUY pour ce travail éclairant une face de la firme au losange. Illustrations photothèque RVR.