Les Voitures Présidentielles. 3

La Citroën SM présidentielle, la carrière la plus longue au service de l’état. 

Si la DS Chapron était une farce maladroite sur base de DS 21, avec son pavillon aux faux accents d’Alfa 2000 des années 70, la SM Chapron représenta la France pendant près de 40 ans. 

Elle aura vu passer 4 présidents, Georges Pompidou, l’instigateur de la commande, Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, et Jacques Chirac de 1969 à 2007. 

Peu de gens savent que Georges Pompidou fidèle lieutenant du Général de Gaulle était aussi amateur d’automobiles, il se raconte qu’il possédait une Porsche 356 dans son garage. Loin du climat autophobe des politiques actuels, il fallait une voiture à la hauteur de la grandeur de la France tant dans son élégance et son luxe que dans ses capacités routières. 

Qui donc que la SM, la reine des autoroutes du début des années 70 pouvait mieux incarner cet élégance à la française. Conçue par Citroën comme une super DS, elle marque aussi une collaboration technique européenne réussie entre la France et l’Italie. A l’instar de la coopération franco-britannique pour la fabrication  du Concorde supersonique, elle promettait au cadre dynamique et argenté de croiser sur les autoroutes non encore limitées à plus de 220 km/h au rythme des 170 chevaux de son cœur italien, et dans le confort de sa suspension ouatée typiquement française. 

Si le coupé de grande série fut loin d’être un succès commercial, produite seulement de 1970 à 1975, le torpédo présidentiel la vengera par la longévité de son apparition dans les défilés officiels et de facto sur le petit écran. Soyons honnête, elle marque aussi le déclin de l’automobile de luxe française, les constructeurs nationaux n’offrant pas aux chefs d’états une voiture d’apparat aussi élégante dans leurs gammes successives. 

Il faut dire que Chapron s’était surpassé, se basant sur la ligne de la berline Opéra proposée uniquement sur commande par le constructeur de Levallois. Il parvient à étirer le dessin élégant de la SM sur 5.60 m. L’auto a été élargie pour permettre de loger confortablement le président français et les plénipotentiaires étrangers ( la reine d’Angleterre notamment) à l’arrière pour un bain de foule et de soleil dans sa carrosserie décapotable. 

A ce titre rappelons que le protocole veut que le Président s’asseye à l’arrière droit de son véhicule lorsqu’il est seul. Lorsqu’il reçoit un hôte étranger, il lui cède sa place. Le fanion de droite représentant alors le pays reçu et celui de gauche celui de la France, vous suivez ??? 

Un aide de camp ou un traducteur peut même prendre place dos à la route, niché sur un strapontin  coincé entre le siège chauffeur et passager avant. 

Afin de ménager la fragilité du 6 cylindre italien dessiné par Alfieri, un rapport de vitesse spécifique permet de rouler à 10 km/h sans caler pour les défilés d’apparat. 
Malgré son potentiel d’autoroutière, la SM n’aura jamais l’occasion de faire montre de ses capacités  sportives dans de folles échappées aux quatre coins de l’Hexagone.

 

 

Textes et photos: Paul GUY. Mise en page: Atelier RvR. ♫
 A suivre !